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État des lieux

Page publiée le 26 septembre 2008, mise à jour le 3 mai 2009

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Localisation du Burundi
Source : Wikimedia Commons

Contexte

Peuplé d’environ 8 200 000 habitants dont près de la moitié ont moins de 15 ans, et d’une superficie de 27 834 km², le Burundi est situé en Afrique de l’Est, dans la région des Grands Lacs.

Indépendant en 1962, le Burundi plonge en 1993 dans une guerre civile qui fait 300 000 morts. En 2003, le PIB n’est plus que de 83 dollars par habitant, l’un des niveaux les plus bas d’Afrique subsaharienne. L’espérance de vie moyenne y est de 49,6 ans [1].

En 2000 des accords de paix mettent fin au conflit et un gouvernement de transition se met en place en 2002. En 2005, une nouvelle constitution, des élections municipales et législatives débouchent sur l’élection par le Parlement d’un Président de la République, M. Pierre Nkurunziza. Le Burundi améliore ses résultats sur le plan macroéconomique depuis 2003, avec une croissance du PIB qui s’est établie à 4,8 % en 2004, soit un peu en dessous du niveau visé de 5 %. Vous pourrez trouver des informations sur la situation économique et sociale du Burundi dans le document Document de stratégie et programme indicatif national pour la période 2008-2013 élaboré avec l’Union européenne ainsi que dans le Document de stratégie pays (2008–2011) de la Banque africaine de développement (BAD).

Système éducatif

D’après la Banque mondiale, le Burundi est au regard des indicateurs de bien-être social le quatrième pays le moins avancé du monde. Les chances qu’a le pays d’atteindre d’ici 2015 les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont très faibles. Pour le ministère burundais de l’Éducation, le taux net de scolarisation primaire atteint 75 % (à comparer au niveau de 100 % qui constitue l’ODM pour 2015 dans ce domaine) mais il estime toutefois que 40 % seulement des enfants qui sont officiellement en âge d’aller à l’école primaire achèvent le cycle primaire.

La situation s’améliore progressivement, grâce à la volonté du gouvernement burundais et avec l’aide des coopérations internationales. D’après le Pôle d’analyse sectoriel en éducation de Dakar, la part de l’éducation dans le PIB burundais atteint 5 % en 2004 (plutôt supérieur à la moyenne des pays comparables de la région). Les dépenses publiques d’éducation représentent désormais 25 % des dépenses courantes de l’État d’après le ministère de l’éducation du Burundi. Cependant, malgré la nette reprise des dépenses éducatives à partir de 2000, le niveau des dépenses courantes par enfant ne retrouvait pas encore en 2004 (18 000 FBU) son niveau de 1994 (19 700 FBU). Pour une analyse détaillée du système éducatif burundais, il est possible de consulter une présentation (téléchargement du .ppt) du Pôle de Dakar ainsi que les données présentées dans le rapport Dakar + 7 – L’urgence de politiques sectorielles intégrées, publié par le Pôle pour le compte du Bureau régional pour l’éducation en Afrique (BREDA) de l’UNESCO.

Des initiatives bilatérales et multilatérales contribuent à l’amélioration de la situation du système éducatif.

Entre 2006 et 2008, la France finance pour 2 100 000 euros le projet de Coopération et d’échanges en matière linguistique, éducative et culturelle (CELEC). Ce projet vise à adapter l’enseignement du français à la réalité de sa pratique, souvent défectueuse, dans les établissements scolaires, ainsi qu’à renforcer sa place comme ciment de la Francophonie. CELEC a notamment permis la refonte des manuels d’enseignement du français de 5e et 6e années du primaire (les deux dernières années avant le collège où l’enseignement doit être donné entièrement en français) ainsi que l’amélioration des compétences pédagogiques des instituteurs titulaires de 6e année.

En 2007, le Burundi a reçu un don de 20 millions de dollars de la Banque mondiale pour un projet d’appui à la reconstruction de son système éducatif. Ce projet est destiné à faire face à une augmentation rapide des inscriptions dans l’enseignement primaire. En effet l’accès à l’éducation de base est gratuit depuis 2005 ce qui a provoqué un afflux de nouveaux élèves. L’essentiel du plan de la Banque mondiale prévoit la construction de nouvelles salles de classes et la réhabilitation d’anciennes. Cependant, un volet du financement est prévu pour la formation continue des enseignants les moins bien formés — la catégorie dite des « instituteurs adjoints », non titulaires de la fonction publique — en utilisant la radio scolaire.

En 2007, il y avait selon le ministère de l’Éducation au Burundi, environ 29 900 instituteurs pour 1 500 000 élèves et 18 764 salles de classe. 89 % des maîtres ont reçu une formation initiale, 55 % sont des femmes. Il y a en moyenne 1 maître pour 55 élèves. L’État burundais consacre 25 % de son budget à l’éducation et sur cette part, 43 % vont au primaire, soit un peu plus de 20 millions d’euros. L’enseignement s’effectue en kirundi (langue nationale) jusqu’à la 4e année du primaire, puis en français à partir de la 5e année. Depuis 2007, l’anglais et le kiswhaili (langue régionale proche de l’arabe) doivent également être enseignés dès la 1re année du primaire. Le français est peu parlé en dehors de l’école et de l’administration ce qui rapproche son enseignement du français langue étrangère.

Il existe 17 catégories différentes de maîtres au ministère. La plupart sont classés « instituteurs-adjoints », formés pendant 2 ans après le collège dans des lycées pédagogiques (il en existe 50 dans le pays). Davantage formés sont les enseignants issus d’une école ou d’une section normale, suivie pendant 4 années après le collège. Enfin, depuis 2006, les élèves ayant échoué à l’équivalent du baccalauréat peuvent devenir instituteurs après un an de formation complémentaire.

Les compétences linguistiques des enseignants ne sont pas évaluées en cours de carrière et il n’existe pas de cadre légal d’évaluation des enseignants après leur formation initiale. En revanche, la formation continue est prévue par les textes officiels, même si elle est quasiment inexistante. Le statut des fonctionnaires prévoit en effet la possibilité d’une formation continue à raison de 60 jours tous les 5 ans, valorisée par un avancement hiérarchique de 2 échelons pour toutes les 120 heures de formation.

Pour une connaissance plus détaillée des enseignants du Burundi (formation, statut, conditions de travail) vous pouvez consulter le rapport TTISSA (Initiative de l’UNESCO pour la formation des enseignants en Afrique sub-saharienne) datant de 2006.

Notes

[1] Source : Banque africaine de développement, Burundi 2008-2011 country strategy paper, Tunis 2008.


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