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Profil des instituteurs en formation

Page publiée le 26 septembre 2008, mise à jour le 6 avril 2010

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Localisation des provinces de Kayanza et Bujumbura Mairie
Source : Wikimedia Commons

Pour sa phase d’expérimentation, IFADEM cible deux des dix-sept provinces du Burundi : Kayanza, zone rurale au nord du pays, à la frontière du Rwanda, et Bujumbura-mairie.

En concertation avec les autorités burundaises, et en tenant compte des typologies d’instituteurs déjà ciblés par la coopération française et par la Banque mondiale, elle a choisi de concentrer son action sur deux catégories d’enseignant-e-s du primaire :

  • les instituteurs titulaires de la fonction publique qui interviennent en 5e année du primaire, moment de l’introduction du français comme langue d’enseignement — auparavant les cours se déroulent en kirundi, la langue nationale ;
  • les directeurs d’écoles, qui ont un rôle important à jouer auprès de leurs jeunes collègues, notamment par l’intermédiaire des « leçons modèles » qu’ils doivent leur donner.

Au total le parcours de formation IFADEM concerne 627 enseignant-e-s : 216 à Bujumbura, 411 à Kayanza.

Une étude sera menée sur l’extension du dispositif au reste du pays. Elle commencera par l’organisation, en octobre 2009, de missions exploratoires dans les quinze autres provinces du Burundi.

Évaluation du niveau en français du public cible

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Session TCF, juillet 2009

En juillet 2009, 58 enseignant-e-s qui suivent la formation IFADEM sont convoqué-e-s à Bujumbura pour un TCF complet (Test de connaissance du français), épreuves obligatoires et épreuves complémentaires.

Le Centre pour l’enseignement des langues au Burundi (CELAB), de l’Université du Burundi, agréé « Centre de passation » du TCF par le CIEP (Centre international d’études pédagogiques), organise la session les 20 et 21 juillet 2009.

Les résultats bruts de cette session sont analysés par le département d’expertise psychométrique du CIEP.

Forts de leur expérience du terrain, l’équipe des rédacteurs de contenus et Mme Margaret Bento, experte linguiste pour IFADEM au Burundi, proposent une interprétation des résultats.

Le texte ci-dessous est une synthèse des conclusions formulées à l’issue de ces analyses consécutives. [1].

Analyse des résultats

Résultats par épreuve, en pourcentage
A1A2B1B2C1C2
Compréhension écrite25,8%67,3%6,9%
Compréhension orale6,9%65,5%27,6%
Expression écrite3,6%37,5%53,6%5,3%
Expression orale19,7%39,3%32,1%8,9%
Maitrise des structures de la langue3,4%8,6%46,6%34,5%6,9%

Les deux tiers des candidats ont un niveau global B1. Ils ont un meilleur niveau en maîtrise des structures de la langue où plus de 80% des candidats ont un niveau B1 ou supérieur à B1.

En compréhension écrite, 66% des candidats sont de niveau B1, tandis que pour la compréhension orale, 66% sont de niveau A2.

À l’épreuve d’expression écrite, 90% des candidats ont obtenu un niveau B1 ou B2, alors qu’ils ne sont plus que 70% pour ces mêmes niveaux en expression orale. De plus, le niveau des candidats est plus homogène à l’écrit qu’à l’oral.

Par ailleurs, il apparaît que pour aucune des épreuves il n’existe de différences significatives de résultats entre les hommes et les femmes.

À contrario, il semble exister un lien léger entre l’âge des candidats et leurs performances aux épreuves d’expression orale, et de maîtrise des structures de la langue : plus ils seraient âgés et meilleurs seraient leurs résultats.

Constats et hypothèses :

Ces résultats révèlent le niveau relativement faible d’une majorité des instituteurs testés : 34,5 % d’entre eux ont un niveau A2 et 65,5 % un niveau B1 ce qui est insuffisant pour enseigner le et en français.

Rappelons que B2 est le niveau minimum théorique pour enseigner une langue.

Bien que les résultats obtenus indiquent une certaine homogénéité au niveau des compétences, les structures de langue, la compréhension et l’expression écrites sont mieux maîtrisées que la compréhension et l’expression orales. Ces résultats reflètent sans doute la domination de l’écrit sur l’oral dans l’apprentissage du français dans ce pays ces dernières décennies.

Tout comme les résultats obtenus en Haïti sur le même type de test, il existe des résultats paradoxaux, les scores d’expression se révélant supérieurs à ceux de compréhension.

Ces différences peuvent être liées aux caractéristiques des tests eux-mêmes qui ne correspondent pas aux habitudes de lecture et d’écoute des instituteurs : la forme des enregistrements, les contenus thématiques mis en œuvre, la vitesse d’exécution requise de la part des candidats, l’écoute unique du document sonore.

Notes

[1] NB : Le CIEP se base sur les niveaux du Cadre européen commun de référence pour la conception des tests et l’évaluation des candidats. Le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) est un instrument publié par le Conseil de l’Europe 2001, qui définit des niveaux de maîtrise d’une langue étrangère en fonction de savoir-faire dans différents domaines de compétence. Ces niveaux s’imposent actuellement comme la référence dans le domaine de l’apprentissage et de l’enseignement des langues.

Les six niveaux du CECR :
A1 / A2 : utilisateur élémentaire
B1 / B2 : utilisateur indépendant
C1 / C2 : utilisateur expérimenté


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