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Test de français pour les instituteurs malgaches

Page publiée le 1er juin 2011

Dans la perspective d’élaboration des contenus des modules pour IFADEM-Madagascar, un test de connaissance du français (CIEP) a été organisé pendant la journée du lundi 25 octobre 2010 à l’Alliance Française de Fort-Dauphin, avec la collaboration des acteurs locaux.

Le principal critère de ce choix est l’éloignement de cette ville par rapport à la capitale, qui permet de s’appuyer sur un échantillon représentatif de la réalité et des problèmes dans les zones rurales reculées. Les candidats étaient constitués de 36 instituteurs fonctionnaires intervenant en CE - c’est-à-dire en troisième année du primaire - lesquels feront partie des bénéficiaires du programme IFADEM.

Le test comprenait les épreuves obligatoires (compréhension orale, structure de la langue et compréhension écrite) et les épreuves complémentaires (expression orale et écrite).

PDF - 556 ko
Télécharger l’analyse des résultats - CIEP

Les résultats de ce TCF ont donné un aperçu du niveau de français des instituteurs, complétant les données déjà recueillies à l’occasion d’observations de classe et permettant ainsi aux conceptrices de mieux cibler les besoins de leur public pour la conception des 6 modules de formation.

Ils ont été analysés par le département d’analyse psychométrique du Centre international d’études pédagogiques (CIEP) et commentés par les conceptrices de contenus

Résultats commentés par les conceptrices de contenus

Le résultat global des 36 enseignants se présente de la façon suivante, en se référant au cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) :

  • 4 enseignants ont le niveau A1
  • 24 enseignants ont le niveau A2
  • 8 enseignants ont le niveau B1

La majorité des enseignant-e-s testé-e-s se positionnent donc à un niveau A2. Les résultats détaillés par compétence montrent qu’au niveau des épreuves obligatoires, c’est l’épreuve de structure de la langue qui obtient le score moyen le plus faible (258 points), alors que la compréhension orale et la compréhension écrite obtiennent respectivement un score moyen de 266 et 268 points. Ce résultat se retrouve lors de la répartition de chaque compétence sur l’échelle du CECRL : 36 % des personnes testées atteignent un niveau B1 en compréhension écrite contre 22 % en structure de la langue. Au niveau des épreuves complémentaires, l’expression écrite est relativement bien réussie par rapport à l’ensemble, avec 42 % des personnes testées atteignant le niveau B1 (et 5 % le niveau B2). L’expression orale est en revanche, comme la structure de la langue, un point faible des enseignants testés : seuls 30 % d’entre eux atteignent ou dépassent le niveau B1.

De manière générale, ces résultats par compétence indiquent une forte majorité de résultats classés dans les niveaux A1 ou A2 (la somme des enseignants représentés dans ces deux niveaux atteint en effet 61 % pour la compréhension écrite, 64 % pour la compréhension orale, 69 % pour l’expression orale et 77 % pour la structure de la langue, alors que cette somme n’atteint « que » 41 % pour l’expression écrite).

Il n’est pas possible d’extrapoler les résultats de cet échantillon réduit de 36 personnes à l’ensemble du corps des instituteurs fonctionnaires, d’autant plus que les 36 personnes testées viennent toutes d’une région dans laquelle l’environnement francophone est généralement peu développé.
Les conclusions que nous tirons ne valent donc que pour l’échantillon testé.

Ces résultats sont cependant suffisamment hétérogènes pour attirer notre attention sur la manière dont pourront être compris et exploités les contenus des modules de formation. Il semble illusoire de vouloir apporter une formation en didactique du français langue étrangère aux enseignants positionnés à un niveau A1. L’on serait tenté de tirer la même conclusion pour les enseignants atteignant tout juste le niveau A2, mais leur représentation importante dans l’échantillon permet difficilement de les laisser de côté. Il est donc indispensable de simplifier, contextualiser et exemplifier au maximum les contenus des modules de formation (tant sur le plan de la langue utilisée que sur celui des notions traitées) afin que leur majeure partie puisse être comprise par des enseignants ayant éventuellement un niveau A2.

Par ailleurs, les résultats du TCF mettent également en évidence la nécessité de compléter autant que possible les modules de formation didactique par des mises à niveau linguistique. L’équipe de rédaction des contenus pour Madagascar a commencé à travailler dans cette direction en proposant pour certains modules des annexes de renforcement linguistique destinées aux enseignants les plus faibles (c’est le cas notamment pour le module 2, consacré au travail phonétique, qui contient 16 pages d’annexe, accompagnées de documents sonores, aidant les enseignants à renforcer leurs propres compétences en phonétique).


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