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Contexte

Page publiée le 21 mai 2009, mise à jour le 18 janvier 2011

IFADEM s’inscrit dans une démarche qualité qui rejoint "Le défi enseignant" décrit par le Pôle d’analyse sectoriel de Dakar pour qui "l’enseignement est un secteur d’activité qui repose essentiellement sur les ressources humaines qui y sont employées (…) la qualité du travail des enseignants détermine fortement la qualité des services dispensés" [1].

 De la Déclaration du Millénaire à la Déclaration de Montreux

L’un des huit objectifs de la Déclaration du Millénaire, à atteindre avant 2015, est « l’Éducation pour tous » (EPT), permettre à tous les enfants de suivre une éducation de base de qualité.

Sommet de Bucarest - 2006

Les Chefs d’État et de gouvernement francophones, dont certains sont confrontés à la situation très difficile de leur système éducatif, ont demandé à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et à l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) — expressément réunies à cette fin — de mettre en commun leurs moyens et leurs expériences pour soutenir les politiques nationales de modernisation des systèmes éducatifs et les aider à atteindre cet objectif.

C’est ainsi que la Déclaration de Bucarest (Sommet francophone de Bucarest, 28-29 septembre 2006, consacré aux technologies de l’information pour l’éducation), énonce en son article 33 :

« L’OIF et l’AUF, sur la base de leurs expériences et de leur acquis, proposeront aux instances de la Francophonie une initiative commune destinée à accroître l’offre des programmes et contenus de formation axés sur les technologies éducatives. »

Sommet de Québec - 2008

L’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) répond à cette commande. Le projet est lancé et le site Internet de l’initiative présenté au XIIe Sommet francophone (Québec, 17-19 octobre 2008), dont l’un des thème est la langue française. La Résolution sur la langue française adoptée lors de ce Sommet précise :

« Nous, Chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, réunis à Québec, […]

  • Demandons à la Francophonie d’accompagner les États qui s’engagent en faveur du français, pour contribuer à garantir un enseignement public et privé de qualité dans un environnement multilingue, à tous les niveaux de la formation, et à cette fin :
  • Sollicitons un renforcement des programmes de formation initiale et continue des enseignants, notamment en appuyant l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres ».

Sommet de Montreux - 2010

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En 2010, à l’issue de sa phase expérimentale et de ses évaluations externes, les chefs d’État et de gouvernement francophones renouvellent leur engagement dans l’Initiative. La Déclaration officielle du Sommet de Montreux mentionne :

« Nous, chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, réunis les 23 et 24 octobre 2010 à Montreux, en Suisse, à l’occasion du XIIIe Sommet de la Francophonie (…)

  • Nous reconnaissons que l’accès à une « Éducation Pour Tous » (EPT) de qualité, ainsi qu’à la formation et à l’enseignement professionnel, est une condition essentielle au développement durable des sociétés. Nous nous engageons à promouvoir l’EPT en synergie avec les partenaires au développement et la société civile. Nous réaffirmons la responsabilité principale des autorités publiques pour la formulation et la mise en œuvre des politiques d’éducation et de formation, dans le respect des langues nationales.
  • Nous réitérons notre soutien aux actions francophones dans le domaine de l’éducation, telle que l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), dont les effets multiplicateurs sont avérés pour nos populations, et demandons à l’OIF et à l’AUF de poursuivre son déploiement, en priorité en Haïti. »

En marge du Sommet de Montreux, le Président libanais, Michel SLEIMAN et James ALIX MICHEL, Président de la République des Seychelles signent avec M. Abdou DIOUF, Secrétaire général de la Francophonie des pactes linguistiques. Ils y prévoient notamment le déploiement d’IFADEM.

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Le pacte linguistique avec les Seychelles envisage de « renforcer la place du français dans tous les secteurs d’enseignement » et « d’améliorer la formation des enseignants, grâce au programme IFADEM. »

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Au Liban, les partenaires s’engagent à « auditer les filières de formation initiale des professeurs de et en français et rénover les méthodes et les outils (utilisation du multimédia, des technologies de l’information et de la communication et mise en place de l’Initiative pour la formation à distance des maîtres, IFADEM). »

 La situation critique des instituteurs

Le Pôle de Dakar relève qu’en 2006 au primaire "le taux d’achèvement moyen se situe à 66%, ce qui signifie que près de 4 enfants sur 10 n’atteignent pas la fin du cycle primaire, soit parce qu’ils ne sont jamais entrés à l’école, soit parce qu’ils l’ont quittée avant la fin du cycle" [2].

Selon le Rapport mondial de suivi sur EPT 2008 de l’UNESCO, le nombre d’enfants scolarisés en Afrique sub-saharienne — océan Indien inclus — a progressé de 36 % entre 1999 et 2005, avec des budgets publics consacrés à l’éducation en hausse de plus de 5 % par an.

Toutefois, si l’augmentation a été particulièrement spectaculaire au Bénin, à Madagascar et au Niger, souvent à la suite de la suppression des droits de scolarité, il reste que près de la moitié des enfants non scolarisés dans le monde vivent en Afrique et que 80 % de ces enfants habitent en milieu rural. En 2015, les besoins en enseignants supplémentaires au primaire atteindront plus de 18 millions dans le monde entier, dont 2,3 millions en Afrique sub-saharienne.

Avec le besoin massif de nouveaux enseignants et sur les recommandations des grands organismes internationaux, le Pôle de Dakar analyse que certains gouvernements ont réformé leur système de recrutement et la formation des enseignants et "mis en place de nouvelles politiques destinées à abaisser les coûts salariaux des enseignants en réduisant les exigences en matière de formation initiale et/ou de développement des programmes de recrutement et de prise en charges hors fonction publique".

Le rapport 2008 de l’UNESCO pointe « la médiocrité des services éducatifs » et souligne que « la mauvaise qualité de l’éducation est un problème d’envergure mondiale auquel les dirigeants accordent de plus en plus d’attention ». L’UNESCO plaide également pour la mise en œuvre de mesures destinées à relever le niveau de formation et de professionnalisation des enseignants et pour l’intégration, à long terme, des enseignants titulaires et contractuels dans une filière professionnelle unique.

Le Pôle de Dakar note qu’ "un enjeu tout aussi important que le recrutement en nombre suffisant d’enseignants (en Afrique) réside dans la capacité de ceux-ci à dispenser un enseignement de qualité. Sur ce plan, les inquiétudes sont justifiées tant les performances en matière de qualité des apprentissages sont préoccupantes sur le continent (…) particulièrement dans les pays en situation de post-conflit".

La nécessité de recruter davantage de maîtres du primaire et d’augmenter leur qualité, leur statut et leurs conditions de travail se révèle aussi manifeste qu’urgente. IFADEM se situe explicitement dans cet objectif d’amélioration de la qualité de l’éducation et vise à répondre en priorité à la situation des « Etats fragiles » [3] (post-conflits) afin de redynamiser et/ou de donner une substance à une politique de formation continue des enseignants dans ces pays. Par ailleurs IFADEM, pour répondre aux objectifs d’équité mis en avant par l’UNESCO dans ses rapports sur l’EPT cible en priorité les zones rurales des pays. En effet les disparités à l’intérieur des pays sont importantes et ces zones défavorisées demandent un investissement particulier.

 Choix des pays

Quatre pays — Bénin, Burundi, Haïti et Madagascar — ont été retenus pour une première phase d’expérimentation à la faveur de débats menés notamment dans le cadre de la Commission de coopération et de programmation (CCP) du Conseil permanent de la Francophonie (CPF) et en concertation constante avec la CONFEMEN.

Fin 2010 à l’issue de cette première phase et pour faciliter l’analyse des demandes des nouveaux pays, l’OIF et l’AUF définissent des critères d’adhésion à l’Initiative :

  • Volonté du pays demandeur de professionnaliser et de revaloriser la fonction enseignante (IFADEM doit déboucher sur une certification et bénéficier à la carrière des enseignants).
  • Cofinancement de l’Initiative par le pays (cette contribution peut se faire sous forme de mise à disposition de personnels).
  • Identification d’un opérateur local capable de porter à terme l’Initiative. Il peut s’agir d’une direction du ministère de l’Éducation ou d’une institution de formation des maîtres.
  • Existence d’un Campus numérique francophone (CNF) ou d’un équivalent pour déployer les systèmes technologiques.
  • Accord des autorités nationales sur les principes fondateurs de l’Initiative. Principe techniques (exemple : utilisation de logiciels libres), éditoriaux et juridiques (exemple : accès libres sur Internet des contenus de formation) et de gouvernance (accord de partenariat).

L’existence d’un cadre réglementaire sur la formation continue des enseignants facilite également le déploiement d’IFADEM. 

Notes

[1] La scolarisation primaire en Afrique, le défi enseignant. Pôle de Dakar, UNESCO-BREDA, Dakar 2009.

[2] Ibidem.

[3] Poirier T., Education pour tous, l’aléa des Etats fragiles ?, IREDU – Université de Bourgogne, Dijon, septembre 2009, disponible [en ligne] sur : http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/41/93/69/PDF/09031.pdf


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